Discours en séance

Les délocalisations ne sont pas une fatalité

Bruxelles, le 14-03-2006

Et la proposition d'exiger le remboursement des aides européennes.

Monsieur le Président, élu de la région française du Nord-Pas de Calais, dont les industries, notamment le textile, perdent chaque année des milliers d'emplois, j'approuve, bien entendu, la proposition d'exiger le remboursement des aides européennes attribuées aux entreprises délocalisant leurs usines.

C'est une proposition économique et sociale de bon sens, que le Front national avait faite lors des élections régionales de 2004 en ce qui concerne les subventions versées par les conseils régionaux.

Cette mesure, indispensable, n'est cependant pas plus suffisante que la création, le 1er mars dernier, d'un Fonds européen d'ajustement à la mondialisation. La Commission européenne ne fait, dans cette affaire, que réparer d'une main, apparemment sociale, le mal fait par son autre main, ultralibérale.

Les délocalisations ne sont pas une fatalité, mais la conséquence de l'idéologie commerciale de l'Union européenne qui, en détruisant les frontières économiques, livre nos entreprises à la concurrence de groupes dont les coûts de main-d'œuvre sont extrêmement bas. Et ce dumping social s'exerce au profit de pays extraeuropéens, mais aussi à l'intérieur même de l'Europe. Ainsi, les directives européennes sont nombreuses à favoriser de fait les délocalisations entre États membres et une pression à la baisse sur les législations sociales.

Pour espérer préserver nos emplois et notre mode de vie, il nous faudra rétablir nos frontières commerciales, instaurer une TVA sociale sur les produits d'importation. Il faudra bien choisir un jour entre le rétablissement d'une politique de protection nationale et européenne et votre politique d'intégrisme libéral, qui mène à la régression sociale généralisée.

Sur le même sujet :