Monsieur le Président,
Le rapport de monsieur Eurlings contenait d'excellents passages, notamment ceux concernant le génocide arménien que les autorités turques refusent d'admettre, le blocus économique imposé à l'Arménie, le refus de reconnaître Chypre, Etat membre de l'Union européenne.
Un seul de ces éléments devrait conduire à la conclusion qu'il faut arrêter les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Non seulement le rapporteur n'arrive pas à cette conclusion, mais surtout il ne mentionne pas cette évidence : la Turquie n'est pas un pas un pays européen. 95 % de son territoire est asiatique ; sa capitale, Ankara, est au coeur de l'Asie mineure ; les communautés chrétiennes ayant été éliminées au cours du XXè siècle, 99 % de sa population appartient au monde musulman.
La Turquie n'a donc aucune raison d'adhérer à l'Union européenne. Cette évidence, reconnue par les peuples d'Europe, notamment en France et en Autriche, ne l'est pas par ceux qui nous gouvernent. Le vote de ce matin illustre cette fracture : non seulement la majorité de notre assemblée a voté en faveur d'une telle adhésion, mais elle a rejeté le paragraphe 49 qui exigeait la reconnaissance du génocide arménien, se soumettant ainsi aux volontés de la Turquie.



